
La lande du Crano, comme beaucoup de landes bretonnes, sont des espaces façonnés par l’activité humaine depuis des millénaires. Leur histoire est marquée par de nombreux usages traditionnels qui ont contribué à leur entretien et à leur maintien dans le paysage. Parmi ces pratiques anciennes figurent l’écobuage, l’étrépage, la fauche et le pâturage. Ces activités servaient principalement à produire de la litière et de la nourriture pour les animaux de ferme, mais aussi à fournir des ressources pour la vie quotidienne, notamment pour chauffer les fours à pain, chauffer des marmites pour la cuisson des pommes de terre destiné aux cochons ou fabriquer des objets domestiques. A partir de 1960, avec la modernisation de l’agriculture, ces usages ont progressivement disparu, bien que leur abandon se soit fait de manière progressive et variable selon les parcelles.
L’origine de la lande du Crano pourrait remonter au Néolithique, période marquée par l’apparition de l’agriculture et des premières sociétés sédentaires. La présence du dolmen de Kermabon, situé près du site et daté du IIIᵉ millénaire avant J.-C., témoigne d’une occupation humaine ancienne. Les premiers défrichements auraient probablement eu lieu à cette époque afin de permettre l’installation des populations et la mise en culture de certaines terres.
Pendant des siècles, la lande du Crano a été utilisée comme des terres communes par les habitants des villages voisins. Elle constituait un vaste espace ouvert où chacun pouvait venir faire pâturer les animaux ou récolter de la lande. La lande jouait un rôle très important dans l’économie agricole locale. Les habitants de communes voisines comme Pluméliau venaient également récolter de la litière pour leurs animaux.
Des archives montrent que certaines parties de la lande étaient officiellement reconnues comme des communs, dont l’un de 35 hectares vendus à la commune de Bieuzy-les-Eaux en 1831. Malgré ces changements administratifs, les usages collectifs ont longtemps perduré. L’exploitation de la lande était organisée, notamment avec des rotations de parcelles afin de préserver les sols.
Enfin, des témoignages évoquent l’existence d’une ancienne maison de forgerons située au bas de la lande. Ces artisans forgeaient les outils des paysans travaillant sur le site. Abandonnée au début du XXᵉ siècle avec le déclin des activités traditionnelles, cette maison a aujourd’hui disparu, ne laissant qu’une ruine dans le paysage.
Un travail de recherche consacré à l’histoire de la lande du Crano a été mené en 2020 par Gwénaelle Ledouble dans le cadre de son Master 1 en Aménagement et Urbanisme des Territoires Littoraux. Cette étude a permis de rassembler de nombreuses informations historiques et sociales relatives à ce site.























